SYDNEY, DARWIN, ce seront les deux seules villes que nous verrons en Australie, l’une par l’opportunité d’une escale sur un trajet Nouvelle Zélande-France en avion et l’autre sur un stop technique improvisé pour réparer notre pilote automatique.
Tout sépare ces deux villes. Leurs situations sont diamétralement opposées dans cet immense pays.

Sydney au sud-est est moderne, attrayante, cosmopolite. Elle profite d’un climat tempéré et concentre une opulence visible. L’architecture y est riche avec des contrastes forts, les constructions victoriennes du XIXème côtoient les modernes tours de verre. L’urbanisme y est travaillé, les grands axes dessinent les quartiers, les places aèrent les blocs. La culture y est active à l’image de l’Opéra, totem mondial de la ville. L’ambiance est frénétique ; tourisme, grands magasins de luxe, business, événements, c’est la quintessence d’une grande ville.
Faute de temps nous sommes restés dans Sydney, son centre-ville, sa baie et ses quartiers balnéaires. Les montagnes bleues toutes proches ajoutent un intérêt certain pour cette région.
Darwin au nord est comme un envers du décor. Copieusement bombardée durant la seconde guerre mondiale, reconstruite, puis totalement ravagée par le cyclone Tracy la nuit de Noël en 1974, il a fallu à plusieurs reprises reloger toute une population et l’esthétique architecturale n’était pas le critère premier, l’urbanisme est simpliste, carré. Souvent l’histoire des villes peut se lire dans leur architecture, à Darwin c’est son absence qui témoigne du passé. La première impression n’était pas très excitante quand nous avons traversé ses trois rues principales mais de passages en chemins de traverse, de terrasses en parcs verdoyants nous avons découvert quelques lieux chaleureux et surtout un dynamisme culturel et festif plutôt enthousiasmant.


Cette région du nord n’est pas non plus des plus favorisées, sécheresse en été, vents cycloniques avec pluies et inondations en hiver, méduses requins et crocodiles toute l’année. Pour autant nous sommes dans une des régions qui ont été les plus habitées par les Aborigènes depuis des millénaires. Quelques jours de camping dans un parc national proche (250 km, ce n’est rien) nous ont permis de voir la savane australienne, un paysage plat sur des centaines de kilomètres, des traces des inondations hivernales, une végétation clairsemée et quelques zones rocheuses où les premières populations aborigènes, et jusqu’il ya peu de temps, ont pu se réfugier durant les saisons difficiles. Oiseaux dans les airs, serpents dans les herbes, crocodiles dans les rivières, kangourous dans les clairières et à peu près rien à faire : le bonheur des régions primaires !
Deux villes, deux courtes expériences dans cet immense île-continent, ne nous permettent qu’un léger aperçu de ce pays récent. Récent si l’on excepte les populations aborigènes qui, avouons le, n’apparaissent que sporadiquement dans cette société occidentalisée. L’Australie moderne, comme l’ensemble des pays que nous avons visités depuis notre départ de la vieille Europe est issue de la vague de la colonisation. Plus nous avançons plus nous réalisons l’importance de cette déferlante, seuls 4 pays y ont échappés Thaïlande-Chine-Japon-Libéria et ils ne sont pas sur notre route. Ne voguer que dans le sillage de la colonisation est pour nous une fatalité perturbante.













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