Où est La Grande Lulu ?

14 janvier 2020

On a recommencé à faire lever le levain !

Comment expliquer cette lenteur à nous remettre dans l’esprit du voyage ? Presque deux mois que nous avons repris un avion pour rejoindre La Grande Lulu à Madère et nous tardons à retrouver notre légèreté de voyageur. La durée de notre escale turballaise nous aurait-elle stoppés? Madère que nous visitions pour la 3éme fois en une année ne serait-elle plus une terre d’aventure ? Les navigations trop courtes depuis Funchal nous laisseraient-elles un peu sur notre soif d’embruns ?

Il y a des raisons et des erreurs. Madère était un temps d’entretien, réparation et bricolage. Aux Canaries, nous étions dans l’attente des bateaux amis qui convoyaient pour nous de France quelques kilos de matériel mais les coups de vents d’automne se succédant en rythme saccadé les ont bien retardés. Et puis ce bas-hauban que l’on retrouve à demi cassé lors d’une visite de contrôle dans le mât nous laisse encore quelques jours de plus à quai. On se maudit de notre imprévoyance, à quoi bon aller faire des vérifications la veille du départ dans une île où il n’y a rien pour réparer !

Le chemin qui nous ramène au voyage n’est pourtant pas que semé d’embuches. Les douces températures de Madère nous accueillent et nous font oublier les dépressions automnales qui s’enchaînent en métropole.

Nous n’imaginions pas trouver sur ce petit bout de terre “ la féerie de Noël” comme dans les images d’Epinal. Lumières, marchés, longues tablées où l’on dîne d’une soupe et du bolo de caco, c’est le Noël de nos rêves d’enfant.

Attendre aux Canaries, il y a pire . Les randonnées dans le cratère du Teide sont époustouflantes, le soleil est généreux. La visite d’un de nos enfants nous ravit, les journées passées avec les copains sont toujours des bons moments, Il y a des retrouvailles improbables, de nouvelles rencontres, déjà des rendez-vous et des au-revoir.

 

Mais quand le nouvel hauban arrive enfin dans le petit port de Tazacorte, tout est prêt dans le mât pour le recevoir, les pleins sont faits depuis plusieurs jours, la trinquette est endraillée, le pont est rangé : 3 heures plus tard, on largue les amarres à la tombée de la nuit. On a appris le routage par cœur, cap 220 °, en ligne droite sur Mindelo, Cap Vert à 800 Nm.

A peine la grand-voile montée, on se dit « C’EST REPARTI ! ». Repartie la jouissance que l’on ressent en mer, de guetter la montée de la lune qui éclaire le sillage, de contempler les vagues qui soulèvent la jupe de La Grande Lulu, d’écouter la musique de l’eau qui glisse sur la coque, d’admirer une belle chute de voile, de danser-tituber sur les mouvements du voilier et le sentir  frétiller en descendant la houle. Repartie l’excitation d’aller en terres inconnues de nous, d’espérer des rencontres de personnages aux histoires singulières, de rêver sur notre itinéraire, sur le passage de l’équateur entre Cabo Verde et Brazil. Repartie la routine du voyage, surveiller la charge des batteries, économiser l’eau, faire le p’tit tour du propriétaire pour voir si tout va bien, organiser les quarts, monter le pavillon de courtoisie du pays d’accueil, s’enquérir des formalités d’entrée …et faire notre pain.

Alors, on a recommencé à faire lever le levain.

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Un commentaire sur “

  1. Quel récit complet et passionnant, cela donne des idées ! ! ! … A bientôt de vous lire
    Sylvain

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