Nous sommes le centre d’un disque bleu que rien ne vient perturber. Tout est serein, l’immensité, les bercements réguliers du bateau, l’incroyable multitude d’étoiles que l’on contemple la nuit en écoutant une musique douce, Pink Floyd, Natacha Atlas, la chaleur du soleil sur notre peau et le vent des alizés qui atténue ses brulures. Ici, nous vivons une parenthèse dans nos vies, le temps n’a plus d’importance, les jours s’écoulent semblables les uns aux autres et nous oublierions la date si nous ne la notions chaque jour sur notre carnet de bord. Nous sommes maintenant imprégnés par la lenteur du voyage, je crois que nous avons abandonné toutes nos mauvaises habitudes liés à la course de la « civilisation », même que si ça continue, on écoutera Moustaki en boucle!
Je commence à réaliser que je suis entrain de vivre un rêve de jeunesse qui était de faire un long voyage. Cela date du temps où j’écoutais « marche ou rêve », bercée par la voix de Claude Villers tous les soirs sur France Inter sur le petit poste de radio que j’avais eu pour ma communion – la religion peut nous mener très loin- moi, j’avais déjà choisi de marcher.
Ce vieux rêve enfoui, nous l’avons déterré ensemble, Hervé et moi, il demande quelques sacrifices parfois difficile comme de beaucoup moins voir nos enfants, nos familles, nos amis, des choix financiers importants mais nous espérons qu’il nous procurera ce que nous en attendons, beaucoup de découvertes, de rencontres, l’envie d’en savoir un peu plus sur ce qui nous entoure. Aujourd’hui nous sommes heureux d’avoir mené ensemble ce projet à bout.
Nous sommes tout simplement heureux d’être ensemble.

