Francofolies ou festival de jazz,
Festival reggae ou musique sacrée
« Une Bataille après l’Autre » dernière sortie avec Leonardo Di Caprio
ou « Un Simple Accident », palme d’or à Canne
Molière ou théâtre d’improvisation
Qu’allons nous choisir pour nos sorties de ce weekend ?
Depuis notre arrivée en Nouvelle Calédonie, nous sommes citadins et littéralement épatés par l’offre culturelle de Nouméa, c’est une énorme surprise et nous nous régalons de rattraper deux années de quasi abstinence.
Pas de très grandes salles de spectacles mais de nombreuses petites scènes, le plus souvent en extérieur, nous n’avons que l’embarras du choix pour divertir nos soirées de musique de danse ou de théâtre. Le jour nous découvrons les musées, suivons des conférences organisées par l’institut de recherches, l’université, participons à quelques petites visites de bâtiments historiques, c’est bien simple, depuis que La Grande Lulu a posé ses amarres à Port Moselle, au cœur de la ville, elle n’a pas quitté le port.
Le monde est petit, sur une île accueillante il est minuscule. Nous croisons et recroisons des visages, participons à des activités, partageons un apéro et l’effet boule de neige (ici on dit l’effet noix de coco) fait que notre cercle social s’agrandit chaque jour pour notre plus grand plaisir.
Cette introduction enthousiaste doit vous sembler bien loin des descriptions sombres véhiculées par les médias français. Comme l’ambiance dans les rues est plutôt conviviale, sourire et bonjour sont revenus, avec un peu de naïveté et de légères œillères, nous pourrions occulter une partie de la réalité. Mais impossible de ne pas entendre les traumatismes de ceux qui ont vécu les émeutes, impossible de ne pas voir les stigmates des zones incendiées, les centaures surveillant ou protégeant (selon son point de vue) certaines tribus, les banderoles revendicatrices, les drapeaux indépendantistes. Impossible de ne pas lire les chiffres en chute libre de l’économie inversement proportionnels à ceux du chômage et de la précarité. Difficile de fermer les yeux sur les paniers qui ne contiennent qu’une boite de sardines au supermarché, les sans abris qui tentent de vous vendre une poignée de citrons, difficile d’imaginer le nombre de bicoques -en mode bidonville- bien cachées par l’exubérance de la végétation.
Les articles à propos du manque de personnel médical sont nombreux, les artisans s’inquiètent de l’absence de visibilité sur l’avenir et l’instabilité politique de la métropole ne les rassure pas non plus mais faut-il venir jusqu’en Nouvelle Calédonie pour écrire ces dernières lignes ?
Il est très difficile également de se faire une idée sur les motivations des loyalistes, des indépendantistes et des intentions des extrémistes des deux bords. Notre regard peut-il être neutre ? Où se situe la réalité ? Il n’y a pas que des méchants colons blancs et de gentils canaques spoliés, ou que des caldoches altruistes et des canaques communautaristes, n’allez surtout pas croire que « les blancs » soient tous d’accord entre eux et que les canaques partagent tous les mêmes idées. D’ailleurs le clivage « blanc/canaque » est réducteur, la population est un joyeux mélange des descendants mélanésiens, polynésiens, asiatiques et occidentaux.
Dans toute ces difficultés à appréhender si nous ne devions avoir qu’une seule certitude, ce serait celle qu’avec ou sans la métropole une majorité de gens voudrait pouvoir vivre ensemble sereinement.
Certes, les fondations sont pourries : prise de procession arbitraire de l’île pour y implanter un bagne, spoliation des terres, regroupement dans des réserves avec interdiction de circulation des autochtones, destruction des structures sociales et perte des cultures ancestrales au profit de la « vraie » religion, tout y est dans cette démarche caricaturale de la colonisation. Du déjà vu. En Nouvelle Calédonie ce passé est récent, à peine plus de 150 ans, il est donc encore inscrit dans les mémoires familiales et le choc a été immense. Sur ces mauvaises bases est-il possible de s’entendre aujourd’hui ? Probablement pas car ce qui a submergé les canaques est autant l’insulte de la colonisation que la vague puissante de la société moderne, de l’industrialisation, du confort de l’énergie, de l’éducation, de l’accès aux soins, du travail et de la consommation. Jusqu’en 1946 le code de l’indigénat maintenait violemment les populations canaques dans en état de sociétés « primitives », comment peut on penser qu’ensuite elles accepteront de passer, en 80 ans, des traditions qui ont peu évoluées depuis des millénaires à un mode de vie à l’occidentale ?
Combien de temps faudra-t-il, de ruptures, de renoncement ?
Pour autant peut-on penser qu’il y ait une alternative, un retour en arrière possible ? La lutte de quelques tribus contre l’évolution mondiale a la force d’un château de sable à marée montante.
Si les fondations sont pourries la maison n’en est pas moins belle, il fait bon vivre en Nouvelle Calédonie, beauté de l’île et douceur du climat n’ont pas ou peu été affectées, les infrastructures sont là et la générosité de la France quand elle ne se perd pas dans l’assistanat contre-productif assure un fonctionnement confortable.
Fleurissent quelques initiatives pour recréer du lien entre les communautés. Le défi est de taille, le bien vivre ensemble a pris une claque, mais beaucoup l’espèrent et y travaillent. A la tribu Saint Louis, fief d’indépendantistes (ou de délinquants, selon son point de vue), les femmes organisent un marché «natté», là l’idée est clairement exprimée dans le partage.
Les professionnels du tourisme invitent à se promener dans toute la Calédonie et à rencontrer les tribus.
Les écoles, les évènements sportifs favorisent la mixité. Les petites formations musicales bigarrées se produisent un peu partout.
La culture est un joli tremplin pour rassembler,
Alors pour le prochain week-end, fête des sciences ou foire du pacifique ?
Concert de Ayo ou soirée Kaneka (genre musical calédonien) ?
Spectacle de ballet classique ou stage de lindy hop…



Merci pour ces beaux résumés de ce que vous ressentez et vivez et qui nous donnent envie. Profitez.. Bisous à vous deux.
J’aimeJ’aime
Merci, merci, merci…
Toujours un magnifique récit.
bises de Piriac
Yannick
J’aimeJ’aime